RER D, branche de la vallée

RER D, branche de la vallée, un dialogue impossible!

Le projet de mise en terminus à Juvisy-sur-Orge de la ligne du RER D de la vallée a mis à jour un dialogue impossible entre usagers et décideurs. Ce projet, qui plus est, témoigne d’un contresens de l’histoire des transports dans notre région.

La SNCF et Ile-de-France Mobilités proposent une rupture de charge en gare de Juvisy-sur-Orge pour cette ligne à la qualité de service déjà fortement dégradée depuis de nombreuses années. Ceci, à n’en pas douter, constituera une nouvelle complication pour les usagers qui l’empruntent, en particulier pour ceux qui se rendent vers la capitale, voire au-delà. Sans oublier les personnes à mobilité réduite qui se retrouveront confrontées à une difficulté supplémentaire.

A une époque où les transports autoroutiers sont congestionnés matin, midi et soir, en particulier en région Ile-de-France, la consigne devrait être de tout mettre en oeuvre pour développer l’intermodalité autour des gares existantes. Ce concept est destiné à faciliter les trajets avec train, bus, tram, vélo…. Malheureusement trop de nos gares en villes denses ne sont pas adaptées à cette évolution pourtant inéluctable. Les parkings sont souvent sous-dimensionnés et ne permettent pas d’accueillir un nombre croissant de voitures individuelles.

Dans ce contexte, le projet qu’étudie actuellement la SNCF est un contresens de l’histoire vis à vis duquel la communauté d’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart aurait du réagir. En effet, un projet qui favorise essentiellement la ligne du plateau Evry-Courcouronnes* apparaît comme peu solidaire eu égard aux usagers actuels de la ligne de la vallée qui ne disposent pas d’autres moyens de transport commun pour se rendre vers la capitale.

De réunions publiques contradictoires en sensibilisation par tracts des utilisateurs de la ligne, des réunions d’un collectif représentant élus, habitants, associations, jusqu’à la création d’une association spécifique des usagers de la ligne de la vallée, rien n’a permis d’infléchir ce qui apparaît comme un projet définitivement acté. En décembre 2017, il a été voté à l’unanimité moins une abstention des administrateurs d’Ile-de-France Mobilités. Le 9 décembre 2018, le projet SA2019 sera mis en place et la galère des déplacements vers la capitale deviendra une contrainte supplémentaire pour des milliers d’usagers quotidiens.

Une dernière réunion « démocratique » filtrée à l’entrée du Conseil départemental tenue le mardi 5 juin 2018 a démontré une nouvelle fois le dialogue impossible entre ceux qui seront pénalisés par ce projet et les autorités décisionnelles (SNCF, Ile-de-France mobilité). Malgré la présence d’un membre de la commission du débat publique, la décision semble irréversible. Ce qui est plus inquiétant c’est l’annonce par la SNCF de l’impossibilité de transporter plus de 650 000 passagers par jour sur cette ligne et les prévisions insensées qui tablent sur 900 000 passagers en 2025…Urbanisation et transport ne sont pas entre les mêmes mains et démontrent l’incurie des pouvoirs publiques comme celles des décisions locales en matière d’aménagement, trop souvent inadaptées aux conditions de déplacements actuelles.

En l’absence d’informations complètes et de véritable concertation sur ce sujet majeur des déplacements qui concerne des milliers d’usagers, il est urgent pour les décideurs de tous bords d’écouter les populations locales qui se sentent oubliées et totalement déconsidérées.

* M. Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes, est membre du ….conseil du syndicat Île-de-France Mobilités (ancien STIF) et …. vice-président de la Région Île-de-France chargé des transports.

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