Quelles nouvelles mobilités dans le monde de demain ?

Dans le monde d'avant, se déplacer au quotidien relevait du défi pour les franciliens. L'aménagement anarchique de la région avec des bassins de vie très rarement en phase avec des bassins d’emplois en est la cause principale. Le mouvement associatif dans son ensemble a tenté vainement d'apporter sa contribution en dénonçant les stratégies immobilières d'un autre âge sans vraiment être entendu.

La crise sanitaire a accentué la prise de conscience de cette problématique et, au-delà des bonnes intentions, c'est l'organisation du monde d'après qui soulève questionnements. En effet, imaginer la mobilité de demain, c’est :

  • Repenser la ville dans ses composantes habitat/emploi/services ;
  • Recréer du lien social en limitant les déplacements afin de contribuer à la transition écologique et de répondre aux enjeux environnementaux.

La Loi d'Orientation des Mobilités (LOM) promulguée la veille de Noël 2019 avait déjà fixé plusieurs objectifs dans ce sens. Elle propose notamment des mesures pour sortir de la dépendance à la voiture en favorisant le déploiement de modes de déplacement alternatifs plus propres, dont les modes actifs. Elle vise en particulier à intensifier l'usage du vélo avec le souhait de tripler ce mode d’ici 2024 pour atteindre 9% des déplacements.

Afin d'encourager les changements de comportements initiés par la situation particulière de la pandémie, la ministre des transports a renforcé les aides en faveur de la « petite reine » avec un plan vélo à l'orée du déconfinement, incitant parallèlement les collectivités à réaliser des aménagements cyclables provisoires.

Dans cette optique, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) a produit deux documents sur les mobilités actives coconstruit avec les collectivités, les associations et les services de l’État.

Ils viennent en aide aux collectivités afin de réaliser des aménagements cyclables et espaces piétons offrant sécurité routière et sanitaire adaptées au contexte. Une réelle opportunité pour créer un réseau de pistes cyclables durables.

Qu'en est-il pour Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart (GPS) ?

Grand Paris Sud n’échappe pas au constat alarmant encore plus insupportable à l'égard des mouvements pendulaires quotidiens pour ceux qui se rendent sur leur lieu de travail. A plusieurs reprises Grand Paris Sud Ecocitoyen (GPSE) avait demandé que soient repensés les documents d’urbanisme totalement inadaptés à cette situation. Il faut bien admettre que les parties réglementaires prescriptives des outils actuels du Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) ou des Plans Locaux d’Urbanisme (PLU intensifient l'encombrement des routes et sont révélatrices du fossé qui sépare intentions louables des décideurs et réalités vécues sur le terrain

En effet, pour répondre à la congestion des transports sur son territoire, GPS annonce plusieurs projets présentés comme innovants, avec le Tram 12 Express reliant Evry à Saint-Quentin-en-Yvelines, le Tzen 2 pour la liaison Melun-Sénart, en notant au passage la discontinuité des lignes entre Corbeil et Evry, et un plan vélo ambitieux.

Mais est-ce vraiment suffisant pour traiter une situation aussi dégradée ?

GPS est-il en mesure de répondre aux défis suivants ? :

  • Repenser la relation domicile-travail par une mise en cohérence des documents d'urbanisme locaux ;
  • Améliorer la desserte du RER D et assurer la continuité jusqu'à Paris des usagers de la Vallée de la Seine ;
  • Disposer d'un plan vélo à l'échelle du territoire qui :
    • Prenne en compte la réduction du nombre de voies affectées au trafic motorisé ;
    • Agisse sur les emplacements de stationnement motorisé ;
    • Modère la vitesse des véhicules et développe le stationnement du vélo en ville.

Des initiatives ont-elles été prises pour tester des aménagements cyclables provisoires ?

Le territoire de demain ne peut plus être celui d'hier, la crise sanitaire, malgré ses plaies et ses peines, aura eu le mérite d'ouvrir les yeux sur la société que les citoyens souhaitent et elle ne pourra s'édifier qu'avec leurs concours. GPSE se tient prêt à participer à sa co-construction.

Date de dernière mise à jour : 28/06/2020