Grand débat national

Grand débat national : après nous, le déluge?

Notre collectif associatif, présent sur le territoire de Grand Paris Sud, entend persévérer dans son rôle de lanceur d’alerte, et le bilan qu’il tire de l’année écoulée n’a rien de glorieux pour notre agglomération, comme au plan national.

Peut beaucoup mieux faire !

Deux éléments attirent en particulier notre attention :

- l’escamotage ces derniers mois de la question du changement climatique, en raison du mouvement des gilets jaunes, et cela au moment même où le GIEC confirmait ses inquiétudes devant la gravité et l’urgence de ce problème. Le sondage publié par France Info le 17 janvier l’illustre bien : parmi les 4 thèmes du « Grand débat national », la fiscalité et les dépenses publiques sont jugées prioritaires par 82% des sondés, la transition écologique 40% seulement.

- l’occasion manquée par l’agglomération Grand Paris Sud de profiter de l’élaboration du Plan Climat-Air-Energie Territorial, pour en faire un moyen fort de mobilisation des habitants. Le débat est resté clos, entre initiés. Pas étonnant donc que la transition écologique demeure une idée floue pour beaucoup.

 

Nous restons convaincus que la lutte contre le changement climatique reste une clé essentielle pour notre avenir. Nous sommes donc toujours en attente d’une politique en faveur de la transition écologique au plan local et national, beaucoup plus vigoureuse et ample que les actions obligatoires et limitées actuellement engagées.

Lors de la séance des voeux de l’agglomération Grand Paris Sud, le nouveau président Michel Bisson a présenté cinq axes d’engagement, parmi lesquels la curieusement nommée « transition sociale et écologique ». L’ajout du mot « social » est–il de circonstance dans le contexte créé par le mouvement des gilets jaunes ? Pour nous, depuis toujours, la transition écologique doit être sociale, mais aussi économique, c’est la définition même du chemin vers un nouveau modèle de développement durable. Il faut cesser d’opposer ou segmenter ces trois dimensions.

Dans sa lettre, le président de la République dit : « Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement ». Fort bien !

Mais parmi les 4 sujets mis en débat, le questionnement du modèle de développement actuel a disparu…

C’est difficile de se poser des questions qui dérangent, mais qui pourtant conditionnent notre quotidien local comme national, parmi lesquelles :

- Comment faire pour éradiquer les pesticides de synthèse, que les particuliers ne doivent plus utiliser alors que les autres acteurs économiques le peuvent, sachant les dégâts de santé publique qu’ils provoquent ?

 

- Comment stopper l’envahissement des camions pollueurs sur nos routes ? Doit-on exiger des camions propres, doit-on obliger les pouvoirs publics, les logisticiens, la grande distribution, etc. à se mettre autour de la table pour enfin mettre en place les conditions d’une alternative autour du fret ferroviaire ?

 

- Comment faire monter en puissance la production agricole biologique, pour aller plus loin et plus vite que les mesures symboliques affichées ici ou là ?

 

- Comment faire pour avoir une énergie propre qui ne soit pas l’otage du nucléaire ?

 

- Comment financer la transition écologique ? En luttant contre la finance spéculative et l’évasion fiscale ? En créant les conditions d’un financement européen de la transition écologique ?

 

- Comment obliger l’Etat français à respecter ses engagements en matière climatique et mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard ? En le poursuivant en justice ? La pétition « L’affaire du siècle » qui met en cause l’inaction de l’Etat à propos du changement climatique, a recueilli plus de 2 millions de signatures, cela vaut bien un sondage !

 

N’attendons pas le déluge pour engager l’action à la hauteur des enjeux climatiques. Notre collectif Grand Paris Sud Ecocitoyen tiendra une conférence de presse le 24 janvier pour présenter ses propositions qui visent à associer le plus grand nombre de personnes vivant et ou travaillant sur notre territoire à ces questions et à bien d’autres.

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