Beaucoup de bruit

Beaucoup de bruit, pas pour rien! Les aventures de Fifi

Ce lundi de Pâques, Fifi ne travaillait pas et il s’était promis d’aller se promener en forêt de Rougeau. Un peu d’air moins pollué serait « meilleur » pour sa santé.

Il se rappelait que :

• Les particules fines tuent, chaque année, en France, prématurément plus de 42 000 personnes par an, en raison de maladies cardio-vasculaires ou pulmonaires ;

• Le transport routier est la principale source de pollution de l'air. La logistique et ses chapelets (normal pour un week-end de Pâques) de camions n’arrangeaient rien !

La forêt l’attendait, de vert vêtue, avec ses pointes de couleurs. Fleurs, papillons et oiseaux étaient au rendez-vous du printemps.

Fifi se sentait ragaillardi, prêt à recevoir « les cadeaux de la nature » comme disait son grand-père : le bruit du vent dans les feuilles, le chant des oiseaux, ... Fifi avait un certain penchant contemplatif.

En marchant, il tentait d’écouter le « silence » mais les avions passant au-dessus de lui à un rythme conséquent, parfois toutes les deux minutes, créant un bruit de fond permanent, lui gâchaient sa quête de bien-être.

Le silence n’était jamais au rendez-vous dans sa vie, la nuit, le bruit des trains l’obligeait à dormir les fenêtres fermées, au petit jour, les camions amplifiaient le concert des bruits d’une société qui perd ses valeurs. Il souriait de cette citation, dans Ruy Blas, de Victor Hugo : « La nuit, on pense mieux, la tête est moins pleine de bruit. ». Victor Hugo n’aurait pas habité à Grand Paris Sud, c’est sûr !

Non seulement, c’était souvent insupportable mais avait aussi des conséquences pour la santé.

Ainsi, une étude de Bruitparif, l’organisme chargé de mesurer les nuisances sonores, conclut que 107 766 années de vie en bonne santé sont perdues tous les ans en Ile-de-France à cause des nuisances sonores des transports.

Fifi, sur la carte de Bruitparif, constata qu’il perdait plus de 10 mois de vie en bonne santé et les habitants d’autres communes encore plus !

Milan Kundera, dans « L’insoutenable légèreté de l’être » écrit : « Le bruit a un avantage. On ne peut pas y entendre les mots. ». Ce sont les mots des élus que la population souhaiterait entendre. Leur silence et leur inaction seraient graves !

Fifi s’endormit malgré tout en souriant. Il imaginait une communauté d’agglomération développant les usines de fabrication de protection auditive pour équiper chaque habitant.

Ce serait un signal de reconnaissance : « Les boules, qui-est-ce ? ». Un habitant de Grand Paris Sud !